La deuxième semaine de stage en cuisine s’avérait moins attirante. J’avais pas mal vu ce que je voulais voir et appris beaucoup. Et je me sentais entre être utile parfois et être un boulet (ben pas comme Mike là... :P ), une tâche supplémentaire. J’étais donc dans un sentiment moyen pas mal toute la semaine.
J’ai de la déception puisque je trouve que je ne suis pas capable d’être autonome et en contrôle aux entrées et aux salades et d’interchanger avec les frites et les sauces.. (sans compter que je suis épuisé) Multi-task manuel ce n’est pas aussi simple que des shortcuts clavier, du msn et du Outlook mettons! On a essayé le mercredi et jeudi midi.. C’est certain qu’on a eu 84 et 101 clients.. en 1h30 ça déménage! Comme Tara disait : “ It was crazy, no more cheese, not enough fries, well.. but it was great. Good job boys! ”
Tara fait un meeting et me confirme que pour quelqu’un qui n’a pas d’expérience elle considère que je prévois bien à l'avance et que je suis donc en apprentissage normal. Elle me dit qu'elle a des entrevues présentement pour des cuisiniers et que si j’avais voulu, je suis motivé et intéressé, alors même sans expérience elle continuerait volontiers à me montrer pour un mois et je pourrais aller sur le grill/la plaque. Car si on maîtrise le grill, on s’entend qu'on a le contrôle de la cuisine et on sait comment tout va. Elle m’apprend aussi que le lendemain Éric Pilon allait venir pour une évaluation. Plusieurs sentiments me traversaient toute la soirée, mais c’était surtout un qui restait; je n’avais rien à perdre, c’était pour moi que je testais l’univers.
Après de bonnes discussions et réflexions je réalise que je sais où pourrait être ma place et qu’encore une fois j’ai une belle occasion d’être en place de rassembleur maintenant que je vais commencer la semaine prochaine le service tout en sachant très bien la cuisine. Je le savais que ce serait ça mais je le réalise bien plus, maintenant que j’ai les coupures sur les doigts, les brûlures, que je perçois le body langage des cuisiniers et l’odeur de la cuisson et de l’adrénaline sur ma peau. Bien sûr je comprends que je ne peux pas prendre la place du cuisinier, mais je suis au début de pouvoir aider, juger et évaluer, ce qui serait le rôle que je veux dans le fond. Et je vois et sens des possibilités.
Today I will be at my best!
C’est ce que j’ai dit le vendredi matin à Tara. Tsé le genre de matin où on dirait que notre corps et notre cerveau ont fait plus le bilan que nous et qu’ils sont prêts à affronter le monde. Je savais que j’avais une longue journée, 9h00 à 20h00, que j’avais une évaluation, qu’on avait au moins un 40 et un 20 clients de réservé.
On débute rapidement, on blanchit des frites, fait une mise en place, j’apprends à mieux couper les oignons très… très mince et mieux couper pour la barista (petite madame au café, pain et dessert à l’avant). La musique démarre, je sais très bien comment faire les calmars et les escargots, on commence avec ça. Le mouvement s’ensuit, le printer démarre sa symphonie.. et c’est parti on a (à peu près là juste pour vous donner une idée) un 7, ensuite une commande qui ne finit plus, ah.. c’est 13 sièges.. ah non il y a la suite sur une autre copie, un 11, donc 24 sur la même table. Ok, les frites sont parties, Kevin a sorti mes calmars, je prépare les escargots avec les fromages on les mets dans Sally (Four à grille en haut). On sort les frites, prépare les sauces des 13, on doit libérer la tablette du haut, on va maintenant à trois tablettes parce qu’une autre commande de 15 s’imprime. Je mets le persil sur toutes les assiettes, Kevin sort mes escargots, je termine avec lui les entrées, on démarre les frites sur le 13, les cuissons des steaks sont prêtes. On repart des frites pour la suite, on doit partir 3 canards. Kevin a débuté les 5 salades qui sont demandées, je vais l’aider. Je débute les sauces du 11 et ainsi de suite…
We now dance and feel the move. Lockdown, il est probablement environ 2h00 on n'a plus de commande, on se regarde et réalise que ça a vraiment bien été on et qu’on a eu notre meilleur midi les trois ensemble. Je lance « Dommage qu'Éric n’a pas vu ça !»
On va manger, Éric arrive et on a un meeting avec Nancy (maître d’hôtel), Tara et moi. Finalement, il ne fait pas de liste et il ne me regarde pas travailler, il ne fait que me dire qu’il veut mon feedback après 2 semaines et celui de Tara (C'est toujours moins pire que dans notre imaginaire :P).
Je lui dit que ça très bien été, mais je suis honnête avec lui et lui dit que c’est plus manuel et que ça manque un peu d’apport intellectuel pour moi. Et pour cette même raison j’ai moins de facilité à apprendre aussi rapidement que mes autres métiers, mais que je pense bien avoir compris tout le workflow. Tara explique qu’au début, ça paraissait que j’avais moins d’expérience, mais qu’elle me trouvait déterminé. « I mean he inspire the success. And like I said to him, I would hire him tomorrow.” Éric demande donc si c’est un bilan positif et elle dit certainement et que la chimie était super.
Il dit donc qu’on ne brise pas une équipe qui fonctionne et en plus qu’il y a une nouvelle maître d’hôtel à Laurier, il aimerait mieux que je reste à St-Antoine et que ce soit Nancy au lieu de Marc qui soit mon coach. Parfait, ça fait mon affaire, métro Square-Victoria c’est vraiment proche et simple. Même si j’aurais aimé voir une autre chimie d’équipe, je suis content de rester avec la même gang et continuer dans un autre rôle. Par contre, Nancy et Éric m’ont demandé absolument d'autres chemises que l’uniforme et la cravate (Va falloir que je vous en emprunte les boys!) . Je dois être distinct des serveurs. Et j’ai quelques changements dans mon horaire pour faire plus du jour que du soir et un close jusqu’à minuit.
La suite bientôt…
A+